Thibaut Collin - audition au Sénat 13/02/13

 

Monsieur le Président, 

Monsieur le Rapporteur,

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

 

Je tenais tout d'abord à vous exprimer la gratitude et l'honneur que  j'éprouve à présenter, à votre invitation, mon point de vue sur ce projet de loi objet de votre réflexion.

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Aude Mirkovic - mères porteuses

Interdit en France, le recours à une mère porteuse étrangère par les couples en situation d'infertilité suscite le débat. Quelles sont les conséquences pour la filiation de l'enfant ? Est-ce le signe annonciateur de l'éclatement de la maternité ? Aude Mirkovic, juriste et membre du Collectif pour l'enfant a répondu à nos questions.

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Non, Monsieur Binet, les enfants ne sont pas la variable d'ajustement des désirs des adultes !

Non, Monsieur Binet,

les enfants ne sont pas la variable

d'ajustement des désirs des adultes !

 

En 2004, notre association appelait les pouvoirs publics à organiser des débats sur les questions du mariage et de l’adoption au sein d’unions de personnes de même sexe et des conséquences sur le développement des enfants.

Nous sommes des professionnels de l’enfance. Nous faisons ce métier parce que nous avons la passion de l’éducation et de l’enfant.

Ce projet de loi a deux facettes : si l’on considère la première, celle du point de vue des adultes, on ne peut qu’être touché par la souffrance de certaines personnes homosexuelles qui demandent à l’Etat de reconnaître leur situation et de leur permettre d’avoir des enfants.

En revanche, si l’on considère le point de vue des enfants, et c’est ce que nous, professionnels de l’enfance nous faisons, nous ne pouvons qu’alerter vivement sur les conséquences d’un tel projet.

S’agit-il de simples ajustements qui permettraient de corriger quelques vides juridiques ? Non, ce projet de loi va bien plus loin : c’est un bouleversement de civilisation.

Comment, en CE1, l’enfant dont la loi dira qu’il a deux pères ou deux mères, fera-t-il sa généalogie ? Comment choisira-t-il entre la généalogie biologique (géniteur/génitrice) et la généalogie sociale (Deux pères, ou deux mères) ?

N’en doutons pas, c’est la généalogie sociale qui prévaudra !

Et comment l’enfant se construira-t-il dans son identité sexuée ? Car disons-le : un référent masculin ne remplace pas un père ! Un référent féminin ne remplace pas une mère !

On nous ment !

Comme beaucoup de citoyens aujourd’hui, comme beaucoup de professionnels, nous sommes en colère.

En colère parce qu’une fois de plus on place l’intérêt de l’enfant après celui des adultes !

En colère parce qu’il ne suffit pas d’expliquer aux enfants pour que leur souffrance disparaisse. Nous sommes bien placés pour le savoir : les mots ne suffisent pas à pallier les difficultés quand les enfants manquent de repères !

En colère, parce que lorsque nous avons rencontré Erwann Binet, et que nous lui avons posé la question sur les conséquences qu’aurait ce projet de loi sur les enfants, il nous a répondu : « la société s’adaptera ! ».

Non, Monsieur Binet, les enfants ne sont pas la variable d’ajustement des désirs des adultes !

En colère, parce que nous savons que l’on nous ment et que ce projet ne pourra s’arrêter là : il y aura la PMA, puis la GPA, toujours au nom des droits des adultes !

En colère, parce qu’on veut nous faire passer pour des homophobes, alors que nous avançons des questions qui restent sans réponses.

Nos questions sont justes, légitimes ! Pourquoi ce silence ?

En colère, mais calmes, déterminés, nous continuerons à nous mobiliser pacifiquement.

Aujourd’hui, nous sommes sur le parvis de la Défense, derrière moi, se dresse l’arche de la Défense : qu’elle soit pour nous le symbole de la défense des droits de l’enfant ! Devant moi, je vois l’arc de Triomphe, au loin : qu’il soit le symbole du triomphe de notre cause et de notre combat : celui des enfants !"

Jérôme BRUNET
Président de l’association
Appel des professionnels de l’enfance