le Sénat a ouvert l’accès à l’AMP aux couples de personnes de même sexe

 

 

 

Le Sénat, en première lecture du projet de loi sur la bioéthique (art. 20), a modifié les conditions d’accès à l’assistance médicale à la procréation (AMP).

Alors que l’AMP a pour objectif de pallier à une infertilité pathologique, le Sénat a ouvert l’accès à l’AMP aux couples de personnes de même sexe, dont l’infertilité n’a rien de pathologique mais découle du fait que, pour procréer, il faut être un homme et une femme.

Les sénateurs ont adopté cette mesure sans doute avec de bonnes intentions, afin de satisfaire le désir d’être parents. Pourtant, le désir, si sincère soit-il, ne suffit pas. Il ne suffit pas de s’autoproclamer « parents » pour l’être, sous peine, en réalité, de priver l’enfant de … parents.

 Outre le fait que cette mesure est irresponsable dans la mesure où elle va susciter des questions de filiation sans issue, elle est une injustice à l’égard des enfants à venir qui, sous couvert d’être élevés par deux femmes, seront tout simplement privés de père.

 La nature indique à l’enfant deux parents, un homme et une femme. La loi française ne réduit pas la parenté à la « vérité » biologique, bien entendu, mais garantit à l’enfant une filiation crédible, vraisemblable eu égard aux exigences de la nature, afin que l’enfant puisse se penser comme issu de l’union de ses parents et se construire comme tel, quand bien même ce ne serait pas le cas en réalité. Le lien symbolique de la filiation, bien plus important que le lien strictement biologique, n’a pas besoin de se fonder sur la vérité biologique, mais exige la vraisemblance pour se mettre en place.

 C’est pourquoi exiger que les parents soient de sexe opposé n’est pas un choix en faveur de l’hétérosexualité, car ces parents de sexe opposé peuvent très bien par ailleurs être homosexuels, mais la garantie que la loi offre aux enfants d’avoir une filiation crédible, seule base solide sur laquelle ils pourront s’appuyer pour se construire.

 En outre, si ce n’est pas la nature qui sert de guide pour définir ce qu’il faut entendre par « parents », qui donc est compétent pour dire quel est le projet d’enfant légitime et celui qui ne l’est pas ? Ce ne sont plus seulement deux femmes qui peuvent prétendre être « parents » mais trois, ou quatre, ou plus, en même temps ou successivement...

 Et que dire des couples d’hommes, qui pourraient réclamer aussi l’accès à l’AMP ? Il faudrait alors passer par la gestation pour autrui, alors que cette pratique, ainsi que la Parlement européen vient de le dire clairement, est une violence à l'égard des femmes, « qui constitue une exploitation du corps de la femme et de ses organes reproducteurs ».

 Les revendications d’accès à l’AMP ont pour conséquence que « femmes et enfants sont soumis aux mêmes formes d'exploitation et peuvent être vus comme des marchandises sur le marché international de la reproduction ». Les « nouvelles méthodes de reproduction, comme la maternité de substitution, entrainent une hausse de la traite des femmes et des enfants ainsi que des adoptions illégales par-delà les frontières nationales » (Résolution du Parlement européen du 5 avril 2011 sur les priorités et la définition d'un nouveau cadre politique de l'Union en matière de lutte contre la violence à l'encontre des femmes (2010/2209(INI)).

 Il ne suffit pas de vouloir être parents pour l’être. Encore faut-il correspondre à ce que sont les parents. Prétendre que deux femmes sont les parents d’un enfant est un mensonge, et tout enfant a le droit à une filiation crédible.

 

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